Les manifestations allergiques sont courantes chez la femme enceinte et la nécessité de prescrire un antihistaminique se présente fréquemment. Lequel choisir ?
Comme souvent dans les règles de prescription chez la femme enceinte, le choix dépend de l'âge de la grossesse.
Pendant l'organogenèse (période qui va de 4 à 10 semaines d'aménorrhée révolues), la préférence ira vers les molécules anciennes ayant fait l'objet d'études en cours de grossesse. Il s'agit en premier lieu de la doxylamine (DONORMYL©) qui, même si elle n'est pas utilisée en France dans l'allergie, est bien un antihistaminique largement utilisé dans les pays anglo-saxons. Ensuite viennent la dexchlorphéniramine (POLARAMINE©) et la fexofénadine (TELFAST©).
Ces trois molécules sont donc les antihistaminiques de première intention chez une patiente en début de grossesse ou qui souhaite être enceinte.
En cas de prise d'un autre antihistaminique en début de grossesse, aucun élément ne justifie d'inquiétude à ce jour et tout au plus peut-on proposer, si le traitement doit se prolonger, un relais par une des molécules citées jusqu'à la fin de l'organogenèse[1].
À partir de 10 semaines d'aménorrhée, il est préférable de choisir une molécule plus récente, ayant un moindre effet sédatif et atropinique. Ceci peut représenter un réel confort pour la patiente et un bénéfice non négligeable pour le fœtus et le nouveau-né, surtout si le traitement doit durer longtemps.
À titre d'exemple, on peut proposer pour cette période de la grossesse, notamment la cétirizine (ZYRTEC© et VIRLIX©) ou la loratadine (CLARYTINE©).
[1]N'hésitez pas à contacter le CRAT pour des précisions complémentaires sur les traitements utilisés en allergologie (autres antihistaminiques, corticoïdes, vasoconstricteurs)
Les femmes enceintes ou désirant l'être doivent être informées des risques spécifiques que représente un voyage dans des zones où sévissent des endémies, des épidémies et lorsque que les conditions sanitaires et d'hygiène sont insuffisantes. Le bénéfice du voyage doit être réexaminé à la lumière de ces différents éléments.
Le paludisme, du fait de sa fréquence, de sa gravité et de l'existence d'une chimioprophylaxie, est souvent présenté comme le seul risque, ce qui est loin d'être le cas.
Il est souhaitable de décourager une femme enceinte de voyager en zone d'endémie palustre, et particulièrement en zone de forte transmission ou de multirésistance, compte tenu de la gravité du paludisme en cours de grossesse. La prévention du paludisme s'appuie sur deux moyens complémentaires et indissociables : les mesures de protections contre les piqûres de moustiques et la chimioprophylaxie. Aucune mesure préventive, même bien conduite, n'assure une protection totale. Si le voyage a tout de même lieu, la grossesse ne doit en aucun cas faire surseoir à la chimioprophylaxie du paludisme.
Celle-ci sera adaptée à la destination (région précise, agglomération, zone boisée ou proche d'un fleuve ...), à la saison et aux conditions du voyage (durée du séjour, sorties la nuit), comme chez tous les voyageurs. Une fois que la ou les molécules adaptées au pays de destination sont connues [1], le choix de la molécule, lorsque plusieurs sont proposées, sera orienté du fait de la grossesse [2]. La grossesse à elle seule ne justifie jamais de choisir une prophylaxie d'une zone inférieure : par exemple, une femme enceinte se rendant dans un pays du groupe 3, doit recevoir une chimioprophylaxie correspondant au groupe 3 et non, du fait de sa grossesse, une chimioprophylaxie du groupe 2 même si celle-ci est mieux connue chez la femme enceinte.
Les mesures de protection contre les piqûres de moustiques sont essentielles bien qu'insuffisantes à elles seules. Elles doivent être renforcées à partir du coucher du soleil et pendant la nuit. Il s'agit du port de vêtements longs, de l'utilisation de moustiquaires, d'insecticides et de répulsifs. Pour ces deux derniers, il existe un très grand nombre de produits dans le commerce, de présentations et de concentrations très variables [2].
Pour ce qui est des autres risques liés aux piqûres d'arthropodes, et en particulier la dengue, ces mesures de prévention doivent être appliquées également durant la journée.
Par ailleurs, il faut garder à l'esprit le risque de contamination en cas de geste invasif (ne serait-ce qu'une injection IV ou IM), sans parler des risques liés aux transfusions, dans les pays où les infrastructures ne permettent pas d'assurer un niveau de sécurité sanitaire satisfaisant.
Les vaccins inactivés et les anatoxines peuvent être faits en cours de grossesse lorsque la femme enceinte va séjourner dans un pays où le risque de contamination est important. En particulier les vaccinations contre le tétanos, la poliomyélite et la diphtérie doivent être à jour en cas de voyage.
En ce qui concerne la fièvre jaune, si la femme enceinte ne peut reporter son séjour, ce qui est vivement recommandé, la vaccination est indispensable, même en l'absence d'obligation administrative, en raison de l'extrême gravité de la maladie et de l'absence de traitement.
[1] La liste des pays pour lesquels il est nécessaire de prendre une chimioprophylaxie antipaludique et la nature de celle-ci figure dans le BEH n°26-27/2003 disponible sur http://www.invs.sante.fr, ou auprès d'un centre d'information et de conseil aux voyageurs
[2] Le CRAT est à votre disposition pour toutes précisions complémentaires dans le choix d'une chimioprophylaxie du paludisme et des divers insecticides et répulsifs en cours de grossesse.
Ecrivez-nous : elisabeth.elefant@trs.aphp.fr
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màj le 14/12/04